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... 09/09/2009

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Ad Libitum

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Tome o1 : Amour Véritable


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... ... ***** Degré Zero / Freezing Point ... " Alea Jacta Est ... " ... ... 06/04/2009

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« L'esprit ne se rappelle point les choses Ad Libitum ; et pour que la réflexion se tourne sur un souvenir, il faut déjà que ce souvenir soit présent. »
Bautain*


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Prologue :

Il l'avait vu.
Il l'avait à peine aperçu une seconde, et déjà, ça avait été trop tard.

Ses traits fins avaient complètement captivé, attiré son regard, le laissant sans voix.
Ses yeux, si beaux, si profonds, si tristes et sombres, l'avaient hypnotisé, lancé dans un univers différent, presque parallèle.

Il en avait tout oublié, tout.
Et il en oubliait toujours tout.
Toujours.

(o6 Avril 2oo9)

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... ... ***** Degré Un / Icy Point ... " Beati Pauperes Spiritu ... " ... ... 06/04/2009

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Chapitre o1 :


C'était arrivé il y a un certain temps déjà, mais il s'en rappelait comme si c'était hier.
Il traversait le carrefour principal de sa petite ville pour se rendre à l'Université, il y a de ça exactement o2 mois.

Il s'en souvient encore -comment oublier ?-, le temps était froid pour un mois de Septembre. En ce 16 Septembre, ce jeune homme traversait l'artère principale de sa ville sous le regard d'un soleil bien lumineux à à peine o8h3o du matin pour se rendre dans le bâtiment universitaire de sa ville.

Il entrait à la Fac cette année. Il avait eu beaucoup de chance de pouvoir rester dans sa ville pour pouvoir étudier l'Art et le Graphisme. Le monde était vaste, il avait eu beaucoup de possibilités et malgré tout, il avait décidé de rester dans son Ottawa ( Canada ) natale. Il s'y plaisait beaucoup après tout, alors pourquoi partir et tout abandonner ?

Il eu un petit sourire sur les lèvres en pensant à ses parents. Ses si extraordinaires parents qui l'avaient soutenu, retenu, conseillé, boosté jusqu'à ce qu'il trouve sa voix. Et là, ça y était, il l'avait enfin trouvée.

Son sourire s'agrandit quand il se rappela les larmes de bonheur de sa mère quand il leur avait annoncé son choix, ses yeux brillèrent un peu quand il se souvînt du torse bombé et de l'air fier de son père quand ils étaient entré ensemble dans la grande concession automobile. Le fils s'émerveillait devant les carrosseries étincelantes et les jantes chromées alors que le père, lui, le regardait faire d'un regard bienveillant et heureux tout en discutant avec un vendeur.

La famille Eden n'avait jamais manqué de rien. Le père étant dans les affaires et la mère siégeant au ministère des Finances, aucune ombre ne se dressait au tableau. Rien, à part peut-être un fils unique un peu renfermé, mais rien de bien grave disait-on.

Revenons en donc à cette fameuse traversée de rue en ce 16 Septembre si ensoleillé.

Le jeune homme attendait que le feu passe au vert afin de pouvoir s'engager sur la route, clignant des yeux régulièrement car le soleil l'éblouissait.

Il ne vit d'abord qu'une vague silhouette au loin. Elle avait l'air petite et très fine. Il pouvait voir -s'il plissait un peu les yeux- la petite brise taquiner de longs cheveux qui semblaient sombres.

Ses yeux se reposèrent à nouveau sur le feu qui était toujours rouge pour lui, il attendit encore, ses yeux se reposant sur la fine silhouette qui se faisait de plus en plus net, de plus en plus grande aussi. Il perçut aussi un léger roulement de hanches, une peau blanche et sûrement laiteuse et surtout, une bouche bien rouge.

Ses sourcils se relevèrent d'étonnement, mais il ne laissa pas un son s'échapper.
Ses mains quelque peu froides se serrèrent brusquement dans ses poches quand, quelques secondes plus tard, il pu enfin apercevoir les très fins de l'individu de l'autre côté de la rue.

Les traits de l'inconnu étaient si ... fins, délicats, subtils, si ... agréables à l'oeil.

Un bip soudain et régulier sortit le jeune homme de sa torpeur.
Les voitures et bus s'étaient arrêtés au feu, il était temps pour lui de traverser.
Il s'engagea lentement sur le passage, d'un pas incertain tout en baissant les yeux.

Il les releva au milieu de sa course, détaillant discrètement le corps de ... ce garçon.
C'était incontestablement un garçon, il le savait. Cette mâchoire dure, mais fine ne pouvait le tromper.
De sa gorge tout aussi fine, il pouvait apercevoir un bout de peau blanche et laiteuse même si elle était couverte d'une longue écharpe crème cachant sa pomme d'Adam.

Leurs regards se croisèrent une seconde et les souffles se coupèrent, les coeurs ratèrent un battement et les corps furent sur le point de se figer. Mais ils n'en laissèrent rien paraître. La belle ombre baissa les yeux et reprit son chemin sans un mot, suivit du jeune homme qui monta finalement sur le trottoir. Il baissa lui aussi les yeux et prit la rue sur sa droite, suivant l'ombre sans un bruit, à part celui de son coeur tambourinant ardemment à ses oreilles.

Tout le trajet se passa ainsi, dans le silence le plus total, l'un comme l'autre ne sachant pas qu'ils se rendaient tous deux au même endroit.

Bientôt, les deux jeunes hommes se retrouvèrent devant l'énorme grille en fer forgée du bâtiment administratif de l'Université d'Ottawa. Ils lâchèrent chacun un petit souffle puis pénétrèrent presque côte à côte dans la grande allée surplombée par trois bâtiments placés en forme de U. Deux grands carrés d'herbe tondue à la perfection remplissaient l'espace entre l'allée de terre sèche et les bâtiments de pierres bordeaux. De grands platanes laissaient déjà quelques feuilles s'échapper de leurs nombreuses et imposantes branches alors que leurs pas, ainsi que maintenant ceux de plusieurs autres étudiants se faisaient entendre. Ils se dirigeaient tous vers les grandes portes massives en bois sombres de la bâtisse en face d'eux.

Le jeune blond déglutit difficilement avant de grimacer imperceptiblement.
L'angoisse lui nouait l'estomac, et le fait de pouvoir toujours voir, et à présent presque effleurer -par mégarde- le corps si fin et agréable à l'oeil du garçon à côté de lui ne l'aidait pas vraiment.

Il accéléra encore un peu le pas en secouant la tête, essayant de s'éclaircir les idées.

C'est alors que la bouche du noiraud s'ouvrit, son souffle se coupant pour la seconde fois de la journée en voyant la même personne. Il serra un pend de son écharpe dans le creux de sa paume délicate tout en fronçant doucement les sourcils, le bruit des pas -des autres étudiants à par eux- s'effaçant rapidement de ses oreilles alors que ses yeux se concentraient sur cette peau dont il pouvait apercevoir un bout, une peau légèrement dorée. La nuque de ce garçon semblait si ... attirante, enivrante. Deux de ses dents mordirent discrètement sa fine lèvre inférieure rouge. Il avait toujours les lèvres fort rouge dès qu'il faisait un peu froid ...

Les portes massives s'ouvrirent automatiquement devant le blond et il entra lentement, suivi par une bonne trentaine d'autres élèves. Il tourna un peu la tête pour finalement apercevoir un écriteau fléché.

" Cérémonie de Bienvenue : Bâtiment C, Couloir 5, Amphithéâtre 1O "

Il hocha doucement de la tête pour lui-même et suivit le flot d'élèves qui se dirigeait dans cette direction.
Il sentait pourtant bien le regard presque fiévreux posé sur son dos, mais il ne dit rien, ne fit rien, marchant en direction de la salle indiquée. Pourtant, il ne sentit pas le bout des doigts du noiraud effleurer le bas de sa veste, puis s'y accrocher discrètement pour ne pas le perdre.



Ecriture : o6 Avril 2oo9
Publication : o7 Avril 2oo9


*♥*♥*♥*
By Envy*
*♥*♥*♥*

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... ... ***** Degré Deux / Snowy Point ... " Carpe Diem Quam Minimum Credula Postero ... " ... ... 07/04/2009

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Chapitre o2 :


Deux mois.
Deux mois qu'ils se coupaient mutuellement le souffle d'un seul regard. Juste ça.

Ils étaient dans la même section, heureusement -malheureusement ?- ils n'avaient pas atterri dans le même groupe de travail.
L'université d'Ottawa avait un système de travail bien spécial : il n'était pas question de travail avec des amphis de 6oo élèves inattentifs, mais plutôt avec des groupes de 15 élèves, et d'une manière bien active. Une manière qui rendrait ainsi les étudiants plus actifs et autonomes, plus entreprenant aussi.

Tom Eden était un élève motivé, attentif, il l'avait toujours été, et malgré le fait qu'il ne participait pas vraiment aux débats au début de l'année, il avait toujours eu un avis sur les sujets traités, et depuis, tout avait bien changé.

Son entrée à la Fac l'avait fait changé.
Il était devenu bien plus ouvert, moins distant, il avait des amis maintenant, il sortait de temps en temps, mais surtout, il était plus épanoui, plus heureux depuis plus d'un mois maintenant et ça, toute sa petite famille l'avait bien vu.

Mais il faut à présent revenir dans le présent et reprendre le cour de notre histoire ...


Jeudi 2O Novembre, 2Oh17.
Chambre de Tom, vacances après la o1e session d'examen.


Il est là, assis sur le rebord de la grande fenêtre de sa chambre, observant le lac qui se situe derrière son grand jardin.
Sa mère est debout derrière lui, s'occupant de ses longues dreads blondes, relevant de temps en temps la tête de sa tâche pour elle aussi, observer le lac et les montagnes au-delà de celui-ci.

Tom : Maman ?
Gwen : Oui Tom ?
Dit-elle en reprenant un peu de lotion dans le pot posé à côté de son fils, ramenant ensuite ses mains sur la tête de sa progéniture.
Tom : Je ... J'aurais besoin de tes conseils.
Gwen : Je t'écoute.
Tom : He bien, le jour de ma rentrée j'ai ... euh ... vu quelqu'un ... un garçon ... en traversant le Boulevard de la Justice.


Sa mère pencha la tête et sourit tendrement.

Gwen : Oui ... L'incita-t-elle à continuer.
Tom : He bien ... il ... il m'a coupé le souffle. Il était ... tellement beau ... ... Si seulement tu l'avais vu ...

La matrone sourit encore plus, ses yeux brillèrent légèrement.

Gwen : Pourquoi as-tu besoin de mes conseils ?
Tom : Je ... je n'ai pas osé l'approcher. Il est à l'école avec moi, dans la même section, mais pas dans le même groupe de travail. Il ... est magnifique ...
Gwen : D'accord, je vois de quoi tu parles !
Rit-elle gentiment. Que voudrais-tu faire ?
Tom : L'approcher avant tout autre chose. Je voudrais l'approcher.
Gwen : Bonne idée oui. He bien, pourquoi n'essayes-tu pas d'aller lui parler ? Au détour d'un couloir ? Ou à l'intercours ?
Tom : Je ... je ne sais pas Maman. Il ... m'intrigue tellement, c'est fou ...
Gwen : Je crois qu'en fait, tu as un peur de l'aborder, parce que justement, tu le trouves ... ... exceptionnel malgré le fait que tu ne le connaisses pas !
Tom : Oui, c'est sûrement ça ...


Il soupira longuement alors que ses yeux se perdaient dans le vague, dérivant eux aussi vers les hautes montagnes dont le sommet était encore et toujours couvert de neige. Il fronça un peu les sourcils.

Tom : Mais ... je ne sais pas Maman, j'ai comme l'impression qu'il ... qu'on ... je, euh ... C'est dur à expliquer, désolé ...
Gwen : Prends ton temps Mon Chat ...
Dit-elle en enduisant une énième dread.
Tom : He bien, je crois que ... je sais pas ... j'ai eu ... le coup de foudre.

Le sourire de la grande femme blonde devint grand, heureux.

Gwen : C'est vrai ?
Tom : Oui ...
Lui répondit son fils d'un ton incertain.
Gwen : En voilà une bonne nouvelle !
Tom : Ca ne te dérange pas que ce soit ...
Gwen : Un garçon ? Non. Je veux juste que tu sois heureux, mais ne crois pas que je n'essayerais pas de savoir si c'est quelqu'un de bien !


Tom sourit doucement.
Sa mère était toujours de bon conseil, il avait bien fait de lui parler. Ca lui avait fait du bien après deux mois intensif de remue-méninges et de silence.

Il attrapa le poignet fin de sa mère dans sa main et le serra affectueusement tout en tournant la tête pour pouvoir la regarder dans les yeux.

Tom : Merci Maman.
Gwen : De rien Tom.


Un petit silence s'installa alors que Tom reprenait sa contemplation, le c½ur plus léger et un petit sourire aux lèvres.

Gwen : Tu connais son nom au fait ?
Tom : Oui. Il s'appelle Kaulitz. Bill Kaulitz.


Gwen haussa un sourcil parfaitement épilé avant qu'un sourire maternel prenne place sur ses lèvres, ses doigts s'occupant encore plus tendrement des longs cheveux emmêlés de son unique fils.

Gwen : Ca va bien se passer, tu verras. Laisse encore un peu passer de temps et on verra ce qu'on pourra faire.

Tom tourna la tête pour respirer l'odeur de sa mère sur son t-shirt, fermant les yeux de bien-être.

Tom : Je t'aime Maman.
Gwen : Je t'aime aussi Mon Tout Petit ...



*♥*♥*♥*


Dans une maison non éloignée de la demeure des Eden, vivait la famille Kaulitz. Même topo : cette famille heureuse et unie vivait à Ottawa depuis bien longtemps malgré le fait que les deux fils ne se soient jamais croisés.

Quoi qu'il en soit, les deux garçons avaient maintenant bien grandi et se retrouvaient ensemble dans la section Art et Graphisme de l'Université d'Ottawa.

Mais concentrons nous maintenant sur ce jeune homme aux longs cheveux noirs, qui lui aussi observe d'un regard absent le lac du quartier de Sunshine, ainsi que les montagnes derrière celui-ci.

Il soupire longuement, ruminant tout ce qui vient de se passer durant les deux mois qui viennent de passer. En gros, pas grand-chose, mais dès qu'il se passait quelque chose, c'était si ...

Bill : Intense ...

Si ...

Bill : Puissant ...

Sa tête se pencha inconsciemment sur le côté alors qu'il revoyait encore le visage si parfait de ce beau blond à dreads, et comme à chaque fois qu'il pensait à lui et que son visage s'imposait à lui, il se mordit légèrement la lèvre et rougit un peu, teintant ses joues d'un rose adorable alors que le coin de ses lèvres se releva en un petit sourire discret.

Bill : Il faut que je fasse quelque chose. Murmura-t-il. Je ne vais plus tenir longtemps à le savoir si proche, et pourtant ...

Il ne faisait rien, et c'était bien ça le problème.
Faire quelque chose face à la personne que l'on considère être un ange n'est pas simple ...


Ecriture : o7 Avril 2oo9
Publication : o8 Avril 2oo9


*♥*♥*♥*
By Envy*
*♥*♥*♥*

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... ... ***** Degré Trois / Melting Snow Point ... " Debellare Superbos ... " ... ... 07/04/2009

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Chapitre o3 :


Lundi 24 Novembre, o7ho2 .
Chambre de Bill, reprise des cours.

Quand Bill ouvrit les yeux ce matin-là, un petit sourire étira rapidement ses lèvres avant qu'il ne s'étire. Il prit le temps de s'éveiller doucement avant de se lever pour aller ouvrir les rideaux de sa chambre en grand, laissant les faibles rayons solaires irradier sur sa peau pâle.

Il souffla un coup avant de se diriger vers la salle de bain pour se préparer pour son premier cours de la journée.


*♥*♥*♥*


De son côté, Tom s'éveilla bien durement après cette agréable semaine de vacances. Il était déjà temps de retourner en cours ...
Il bailla longuement avant de s'asseoir au bord du lit, s'étirant voluptueusement en lâchant un râle typiquement masculin dans le fond de sa gorge.
Il se frotta ensuite le visage de ses deux paumes avant de se lever. Il était temps ...


...


Bientôt, notre beau blond se retrouva devant la grille du domaine Universitaire. Il resserra un peu son écharpe autour de son cou avant de se diriger vers ses amis qui était déjà rassemblé sous un platane imposant. Il leur sourit en s'approchant.

Mina : Salut Tom ! Comment va ?
Tom : Bien et toi ?


La journée ne faisait que commencer, mais déjà, il la sentait belle, agréable et ... spéciale ...


*♥*♥*♥*


Et c'est là qu'il le vit.

Lui.
Lui et son si beau sourire.
Sincère, franc, heureux, mais discret.

Il se mordit doucement la lèvre avant de poser sa joue contre l'écorce de l'arbre contre lequel il était appuyé.
Quel bonheur de pouvoir le voir, l'admirer ...
Mais ce que Bill voulait vraiment, c'était pouvoir se blottir contre lui, se glisser entre ses grands bras qui lui semblaient si protecteurs, contre son torse qu'il s'imaginait façonné pour l'accueillir.
Ses lèvres s'ouvrirent dans un gémissement silencieux alors que ses sourcils se froncèrent, déposant une moue malheureuse sur son si beau visage.

Bill ferma les yeux et se dérida doucement, déglutissant calmement avant de relever la tête et d'à nouveau ouvrir les yeux.

Et leurs regards se croisèrent.
Leurs soufflent se coupèrent.
Ils n'osèrent même plus battre des cils.

Jusqu'au moment où un garçon du groupe de Tom lui secoua doucement l'épaule, brisant leur moment pour le ramener parmi le reste du groupe.

Ca n'avait duré que quelques secondes, et pourtant ...

...


12h42

Il le vit à nouveau.
Il était seul, parcourant un couloir du bâtiment A.
Il n'hésita pas.

Bill : He ! Excuse-moi !

Le noiraud força la marche pour s'approcher de lui.
Tom s'arrêta et tourna la tête.

Quand leurs regards se connectèrent, Bill oublia tout.
Jusqu'au fait qu'il avait une bouche et une langue avec lesquelles il était censé lui dire quelque chose.

Bill : Euh ... C'est toi ... Tom Eden ?

Tom déglutit très difficilement.

Tom : Oui. Murmura-t-il.

Un petit silence s'installa.
Ce n'était pas gênant ou désagréable, il leur laissait juste le temps de s'admirer sans avoir à dire ou faire quoi que ce soit, aucun des deux ne bougeait d'ailleurs ...
Puis Bill cligna des yeux pour se reconcentrer, fronçant les sourcils pour ne pas repartir dans ce monde qu'il connaissait si bien depuis deux mois.

Bill : Hum, je ... tenais à venir me présenter puisque apparemment, nos pères travaillent ensemble et ... euh ... il paraîtrait que je vienne dîner chez toi ce vendredi ...

Ses lèvres se pincèrent doucement avant qu'il ne replonge d'une façon hésitante son regard dans le sien.
Nouveau petit silence observateur.

Tom : Euh ... C'est sympa. C'est ... c'est quoi ton nom ?

Bien sûr, il le savait, mais Tom se disait qu'il fallait bien commencer la discussion quelque part, et que cette occasion était bien trop belle pour qu'il la laisse filer.

Bill : Je ... je suis Bill Kaulitz, le ... fils de Stephen.
Tom : Euh ... Je ... Ca ne me dit rien. Je ne connais pas tous les collaborateurs de mon père !
Répondit Tom d'un air gêné tout en se frottant la nuque de sa paume moite. Ca fait longtemps que tu vis ici ?

Le blond avait eu bien des difficultés pour enchaîner deux phrases sans bégayer, et voilà que maintenant, le bel androgyne qui le hantait, le regardait comme s'il n'avait pas compris sa question pourtant simple.

Tom : Je veux dire ... J'habite ici depuis toujours et ... je ne t'ai jamais croisé ...
Bill : Ah, oui ... Euh, enfin ... Moi non plus je ne t'avais jamais vu. Mais j'habite à Ottawa depuis que je suis né, on a juste ... pas mal déménagé tout en restant dans la ville.
Tom : Où ... où est-ce que tu habites maintenant ?


Bill déglutit difficilement lui aussi, essuyant discrètement les paumes moites de ses mains à l'arrière de son jeans.

Bill : A Sunshine. C'est à 1O minutes de marche d'ici.

Le visage du dreadeux s'éclaira instantanément, il afficha un petit sourire en coin qui fit fondre l'androgyne sur place.

Tom : Je sais. Moi aussi j'habite à Sunshine.

Les yeux de Bill s'écarquillèrent légèrement avant qu'il n'affiche lui aussi un léger sourire.

Bill : C'est vrai ?! Je ne t'ai jamais croisé pourtant ! Où exactement ?
Tom : Antique Bakery Street, au 462. Et toi ?
Bill : Sur Cooperstown Street, au 48. C'est ... la rue juste derrière !


Son visage s'illumina alors que Tom eu un léger rire avant de lui sourire gentiment.

Tom : Effectivement ! C'est bizarre qu'on ne se soit jamais croisé. Où est-ce que tu es allé au Lycée ?
Bill : Au Lycée Privé de Harbor et toi ?


Ca y était.
Le contact était enfin établi.

Freezing
Icy
Snowy
Melting Snow


Ecriture : o7 Avril 2oo9
Publication : o8 Avril 2oo9


*♥*♥*♥*
By Envy*
*♥*♥*♥*

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... ... ***** Degré Quatre / Ice-cold Water Point ... " Ego Sum Qui Sum ... " ... ... 07/04/2009

Chapitre o4 :


Vendredi 28 Novembre, 19h17.
Chambre de Bill, ellipse d'une semaine.

Il était angoissé.
Il tournait en rond dans sa chambre comme un lion dans sa cage.
Dans quelques minutes, lui et ses parents allaient partir pour la demeure des Eden pour dîner avec eux.

Bill s'arrêta d'un coup, le regard au sol alors qu'un air perdu s'emparait de ses traits. Il soupira doucement avant de se tourner vers la baie vitrée de sa chambre.
Il admira le lac de Sunshine et les montagnes, le ciel devenu sombre depuis quelques heures déjà et les étoiles. Il avait de la chance, il y en avait toujours eu beaucoup dans ce coin de la ville. Moins de maisons, moins de lumière artificielle, moins de pollution.

Un léger sourire étira ses lèvres avant qu'il ne se mette à fredonner.

Stranded in this spooky town
- Échoué dans cette ville fantasmagorique -
Stoplights are swaying and the phone lines are down
- Les feux d'arrêt balancent et les lignes téléphoniques sont mortes -
This floor is crackling cold
- Ce plancher est froid mais crépitant -
She took my heart, I think she took my soul
- Elle a pris mon coeur, je pense qu'elle a pris mon âme -
With the moon I run
- Je cours avec la lune -
Far from the carnage of the fiery sun
- Loin du carnage du soleil ardent -

On lui avait toujours dit qu'il avait une voix magnifique, ce qui était vrai.
Il s'était lancé dans une formation poussée de chant, ce qui lui ne lui avait servi à rien jusqu'ici, à part à ce procurer une sorte d'autosatisfaction, ce qui lui convenait parfaitement pour le moment.

Il baissa les yeux et secoua la tête en souriant légèrement, se rappelant le jour où sa mère lui avait acheté son tout premier micro. Il en avait pleuré, puis hurlé de joie.

Un léger rire s'échappa de ses lèvres.
C'était bien loin tout ça ...

Sa main frotta doucement le tissu doux de son pull noir avant qu'il ne relève la tête vers le magnifique paysage en face de lui. Son sourire s'effaça.
Bientôt, il neigerait et il faudrait de nouveau affronter un hiver rude.
Ses doigts remontèrent sur sa nuque dont il cajola doucement la peau quelques secondes.

Deux petits coups se firent entendre sur la porte en bois de sa chambre.

? : Bill ?
Bill : Oui ?
Répondit-il en se tournant vers sa mère.
Charlotte : On part dans deux minutes.
Bill : Je mets ma veste.
Dit-il en hochant de la tête.

La femme brune sourit d'une manière maternelle avant de quitter la pièce.

Les yeux du noiraud se posèrent à nouveau devant lui alors que son cerveau tournait à mille à l'heure.

Que devait-il faire à présent ?
Comment devait-il se comporter ?

Il n'en savait strictement rien.
Tout ce qu'il savait, c'est que cette nouvelle semaine de cours était passée bien trop vite à son goût et qu'il se rendait maintenant compte qu'il ne savait pas vraiment comment se comporter face à Tom.
Tom qui l'attirait tellement, Tom qu'il désirait tellement.
Il se mordit encore une fois la lèvre avant de tourner la tête vers son bureau.

Il s'en approcha et s'arrêta juste devant, hésitant quelques secondes, la main sur la poignée du premier tiroir. Il finit par l'ouvrir et en sortir un croquis très réussi. Oui, vraiment très réussi même ...

C'était un croquis de Tom et lui, vraiment magnifique. Et sur ce croquis, Tom le touchait.
C'était un toucher innocent bien sûr, mais un toucher quand même.
Qu'est-ce qu'il en rêvait !

L'androgyne se rendait bien compte que le blond devenait une vrai obsession pour lui, surtout quand ses doigts effleurèrent encore et encore les traits de son visage, figés sur le papier.

Il remit rapidement le dessin à sa place et referma le tiroir.

Charlotte : Bill ! On y va !
Bill : J'arrive !


Il attrapa sa veste posée sur son lit avant de sortir de sa chambre d'un pas rapide, les talons de ses nouvelles Santiags claquant sur le plancher sombre de sa chambre. Il referma la porte derrière lui.

19h34


*♥*♥*♥*


De son côté, Tom sortait de façon précipitée de la douche.
Il s'était endormi après avoir étudié plusieurs heures et c'était sa mère qui était venu le réveiller il y avait à peu près dix minutes de ça.

Tom : Je ne serais jamais prêt ! Geint-il en plongeant la tête dans son armoire pour attraper des vêtements présentables.

Il laissa tomber sa serviette au sol avant d'enfiler un boxer gris foncé, s'habillant ensuite le plus vite possible avant de filer se brosser les dents, puis d'enfiler un gilet, toujours à la va-vite.


*♥*♥*♥*


Gwen : Charlotte ! Stephen ! Quel plaisir de vous revoir !

Les quatre adultes s'embrassèrent sur les joues et s'offrir de vigoureuses étreintes ou poignées de mains alors que Bill restait plus en retrait sur le seuil de la maison. Gwen se tourna vers lui une fois ce cérémonial fini pour elle.

Gwen : Bonjour. Tu dois être Bill. C'est bien ça ?

Bill acquiesça. Elle avait un regard bienveillant et pourtant, elle affichait un sourire fort semblable à celui de son fils, sauf que là, il avait une pointe de malice.

Gwen : Entre, viens. Il s'est endormi après avoir étudié cet après-midi. Je suis aller le réveiller, mais il sera un peu en retard. Tu peux déjà monter dans sa chambre si tu veux. Je vais t'y conduire.

Elle lui embrassa délicatement la joue avant de se tourner vers la mère du jeune homme.

Gwen : Charlotte, j'amène ton fils auprès du mien. Chéri, conduis les au salon s'il te plaît. J'arrive tout de suite.

Elle tourna la tête vers Bill.

Gwen : Donne moi ta veste.
Bill : Merci.


Il retira sa veste et la lui donna. Elle l'accrocha au portemanteau avant de se diriger vers de grands escaliers en bois sombre situés de l'autre côté du couloir.

Gwen : Viens Bill.

Celui-ci la suivit sans un mot jusqu'à l'étage où elle emprunta un certain nombre de couloirs avant de s'arrêter devant une porte de bois clair.

Gwen : Voilà, tu y es. Dis lui de se dépêcher s'il te plaît. Oh ! Et dis lui si ses vêtements ne sont pas assez habillés ! Il ne manquerait plus qu'il se présente devant tes parents en jogging !

Elle leva les yeux au ciel tout en souriant avant de se retourner pour partir.

Gwen : Je te vois plus tard Bill !

Et elle disparut au coin du couloir.

Bill tourna la tête vers cette porte qui lui était encore inconnue, avant de fermer les yeux en expirant plus ou moins longuement. Il toqua ensuite trois petits coups sur la porte.

Tom : C'est ouvert !

Bill poussa la porte.


Ecriture : o7 Avril 2oo9
Publication : 11 Avril 2oo9


*♥*♥*♥*
By Envy*
*♥*♥*♥*

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