......***** Chapitre o1...« Vivre avec Les Loups »......

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« Je suis fort aise d'avoir entamé mon histoire par la relation de mes faits et gestes, comme dit Horace,
Ab Ovo, depuis l'oeuf où j'ai commencé à végéter. »
Sterne*


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Bill n'aimait pas la ville. Bill n'aimait pas la ville où il vivait pour tous les secrets et l'intolérance qu'elle renfermait. En tant que fils unique, il avait toujours été gâté autant que ses parents pouvaient se le permettrent financièrement et l'enfant qu'il avait été ne s'en était pas du tout rendu compte. Pour lui, tout ce luxe et ce confort étaient plus que normal, ça lui était dû. Les jouets cassés étaient aussi vite remplacés et les esclaves irrespectueux disparaissaient de sa vie en un clin d'½il.

Mais quand l'adolescence l'avait attrapé dans ses filets et que la curiosité avait pointé le point de son nez, Bill avait commencé à éprouver de l'intérêt pour le monde extérieur, pour tout ce qui l'entourait en fait, et il n'avait alors pas pu s'empêcher de sortir de sa bulle pour observer tout ce qui se passait autour de lui. C'est ainsi qu'il avait vu la pauvreté et la famine, la violence et la méchanceté. Il avait voulu fuir, retourner dans sa bulle d'ignorance et d'innocence, mais pas après ce qu'il avait vu, c'était juste impossible. Le jeune androgyne était devenu quelqu'un d'autre, quelqu'un de moins sûr, de moins ignorant, de moins protégé surtout. Il avait alors décidé d'explorer encore plus loin dans l'espoir de trouver quelque chose de mieux. C'est comme ça qu'il en était arrivé à errer tous les jours sans but dans la grande forêt sombre.

Ce soir-là, il y était encore. La nuit tombait doucement et il pouvait entendre les animaux bouger dans tous les sens, se dirigeant sûrement vers leur maison, mais Bill ne voulait pas rentrer chez lui. Maintenant qu'il savait que tout n'avait été qu'illusions et fausses sympathies, le charme de toutes les belles choses qu'il possédait , humaines ou pas, s'en était aller et le bel androgyne ne voulait qu'une chose, s'en aller lui aussi.

Ses parents, comme beaucoup d'autres personnes dans la petite ville, n'avaient pas accepté sa préférence pour les hommes et Bill en avait souffert. Ils ne l'avaient pas jeté dehors, non, ils n'auraient quand même pas été aussi loin, mais Bill ne pouvait plus rien supporter, ne voulait plus rien supporter et ses précédentes errances entre les grands arbres l'avaient conduit ici, au beau milieu de la forêt avec rien de plus que les vêtements qu'il portait sur lui et son c½ur meurtri.

Le jeune homme marcha longuement, touchant les arbres du bout des doigts, continuant d'avancer jusqu'à ce que la nuit soit complètement tombée. À ce moment-là, loin de la ville qu'il estimait à présent maudite, il se laissa glisser doucement le long d'un arbre dans l'espoir de passer une nuit sans trop de problème. Avec un peu de chance, peut-être même qu'il ne verrait jamais le lendemain, avec un peu de chance, peut-être qu'il allait mourir pendant la nuit. Il se roula en boule aux pieds de l'arbre, tentant de trouver une position à peu près confortable pour passer sa nuit. Il ferma doucement les yeux et tenta de faire le vide dans sa tête. S'il devait voir le soleil se lever le lendemain matin, il voulait que le jour à venir soit meilleur que celui qu'il venait de traverser. Les émotions sombres le submergèrent une dernière fois et c'est après quelques nouvelles larmes que le sommeil l'emporta.

...

Plus tard dans la nuit, Bill se réveilla en sursaut, la sueur coulant le long de ses tempes et de son front. Il s'assit lentement et colla son dos au tronc de l'arbre derrière lui. Son ventre criait famine et ses muscles endoloris par sa longue journée de marche lui faisaient terriblement mal. Pourtant, quand il entendit un craquement de branche dans la pénombre en face de lui, toute douleur sembla disparaître instantanément.

Son c½ur rata un battement et ses doigts s'enfoncèrent dans la terre humide sur laquelle il était assis. Ses yeux scrutaient l'obscurité sans relâche et le jeune homme se leva, la respiration coupée alors qu'un nouveau craquement se faisait entendre. Bill n'attendit pas plus longtemps. Il secoua la tête, se retourna et partit en courant dans la direction opposée à la ville.

Un grognement sonore se fit entendre et les yeux de Bill s'écarquillèrent alors qu'il se mit à courir plus vite, de plus en plus vite. Il hurla de terreur quand il entendit des pas lourds derrière lui. Pour sûr, ce n'était pas humain, c'était trop lourd, trop rapide et quand l'androgyne tourna la tête pour jeter un coup d'½il derrière lui, il constata que c'était aussi bien trop imposant pour être humain. Il accéléra encore, mais quelques mètres plus loin, un énorme tronc renversé se dressa sur son chemin. Il sauta pardessus l'obstacle, mais se retrouva à plat ventre contre la mousse recouvrant le tronc, quelque chose de lourd dans son dos et il hurla, pleurant à présent de terreur. Bill se retrouva rapidement à genoux au sol, dos contre le tronc, haletant et pleurant tout ce qu'il pouvait.

Un énorme loup se dressait devant lui, tous crocs dehors et après l'avoir vu, Bill ne pu définitivement plus arrêter de pleurer. Il cacha sa tête sous ses bras et remonta les genoux contre son torse, refusant de ne serait-ce qu'entrevoir la bête encore une fois. Les horribles grognements cessèrent et un souffle bouillant se fit sentir le long de sa nuque, balayant les cheveux sombres de Bill par sa force. Le corps de l'androgyne tremblait, il se sentait si vulnérable en cet instant et il pria silencieusement pour que sa mort soit la moins douloureuse possible. Plusieurs minutes passèrent ainsi, le loup déposant son museau humide partout où il le pouvait et Bill tremblant toujours, la terreur ne le quittant pas une seconde.

Il avait froid, c'est ce qu'il se dit quand il releva doucement la tête. La nuit était terriblement froide, les premières neiges ne devaient pas tarder à tomber et Bill se retrouvait au beau milieu de la forêt, sans rien et surplomber par un loup plus gros que tout ce qu'il avait vu auparavant.

Quand leurs regards se croisèrent, Bill ne pu avoir peur. Les tremblements étaient toujours là, mais c'était plus dû au froid qu'à autre chose. Le grand loup l'observait avec intérêt, un éclat d'intelligence presque humaine dans les yeux. Les rayons de lune se reflétaient sur son énorme pelage blond foncé et Bill plongea son regard mordoré dans celui chocolat profond de la bête, n'arrivant plus à s'en détacher.

Le loup se coucha sur le sol humide, son corps lourd s'abaissant sur ses pattes massives qui s'étendirent vers Bill, comme pour l'inviter. Le jeune homme ne su pas quoi faire, interpréter, peut-être faussement, ce qu'il semblait voir et s'approcher de la bête ou plutôt fuir l'énorme loup blond qui était à présent étendu sur le sol devant lui.

La bête grogna doucement avant de poser sa tête au sol, son museau touchant les chevilles de Bill. Ça, c'était plus que clair. Bill avança lentement à quatre pattes vers le flanc du loup après que celui-ci ai relevé la tête pour le laisser bouger. Le regard qui lui semblait être si intelligent restait fixé sur lui et ce jusqu'à ce qu'il ne s'assoit près du flanc chaud de l'animal. Son énorme tête se baissa alors et il poussa le jeune humain contre son flanc à l'aide de sa joue, faisant de grands mouvements de tête. Bill avait froid, il n'hésita pas bien longtemps à se blottir contre le pelage chaud et douillet. Quelques minutes passèrent ainsi avant que Bill ne doive apaiser son estomac affamé en le frottant doucement, toujours fermement blotti dans la chaleur animale.

Le loup blond cligna des yeux dans sa direction, penchant lentement son énorme tête sur le côté dans une question muette.

« J'ai ... J-j'ai très faim ... » Murmura Bill.

C'était peut-être stupide, mais il s'était senti obligé de parler, d'exprimer son besoin. Les babines du loup se relevèrent légèrement en ce qui sembla former un mince sourire aux yeux de Bill, puis sa tête s'approcha à nouveau du jeune humain et il poussa son visage vers son ventre plusieurs fois d'affilé avant de lui lécher une fois la joue, se couchant ensuite complètement sur le flanc. Bill ne comprit pas son geste tout de suite, mais quand il tenta de se relever en appuyant sa main contre le flanc chaud et que ses doigts entrèrent en contact avec une petite protubérance, il tourna la tête vers le visage paisible de la bête.

« J-je ... Je ... »

Le loup se redressa un peu et poussa à nouveau son visage vers son flanc, l'incitant à faire ce que Bill pensait interpréter comme un geste maternel, alors qu'il était tout autre, il n'en avait juste pas encore conscience. Alors c'est avec une légère boule d'émotion dans la gorge et de petites larmes aux coins des yeux qu'il hocha lentement de la tête avant de baisser le visage vers la mamelle qu'il avait repérée plus tôt, l'enveloppant de sa bouche avant de la téter aussi délicatement que possible. Le loup souffla, de quelque chose qui ressemblait à de l'apaisement, peut-être même de l'aisance, alors qu'un liquide onctueux envahissait la bouche du jeune humain qui gémit doucement de plaisir. Ses yeux se fermèrent automatiquement et il téta un peu plus fort dans l'espoir de récolter plus de liquide. Du haut de ses 17 années d'existence, jamais il n'avait eu l'occasion de goûter quelque chose d'aussi bon. Il téta jusqu'à plus soif, puis d'instinct, lécha la mamelle utilisée en guise de remerciement. Un frisson parcouru le grand corps du loup et il se releva légèrement alors que Bill s'écartait de la petite source de liquide, du geyser de nourriture. Un long souffle s'échappa des naseaux de la bête avant que celle-ci ne lèche affectueusement la bouche et le menton de Bill, retirant ce qui devait être des restes de lait, peut-être, ensuite, elle frotta doucement son museau contre une de ses joues et l'attira plus près de sa tête. L'androgyne accepta d'approcher et le loup lui indiqua sa patte du bout du nez, alors Bill y posa la tête et se laissa bercer par la respiration calme du loup qui venait de lui sauver la vie.

Ecriture : 11 Février 2O1O
Publication : 15 Juillet 2O1O


*♥*♥*♥*
By Guess' ® & Envy*
*♥*♥*♥*

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Comments :

  • steph

    24/09/2010

    vraiment tres beau début
    mysterieux et déjà captivant

    on devine de gros chamboulement dans la futur vie de Bill

  • Unangexficxth

    25/07/2010

    Oh ...

    je ne lisais pas la billshido mais je suis contente d'être revenue lire celle ci.

    Elle à l'air jolie.

    Quel est le liquide du loup? il va transformer Bill?

  • Billsaw

    19/07/2010

    Mais apres la scene de bill tetant la bete je pense pas qu'il soit tom
    Mais ce loup est vraiment tres adorable et gentil

  • Billsaw

    19/07/2010

    au début j'ai pensé que le loup est Tom ou peut etre Bushido, malgres que je prefere que ce soit bill/tom

  • Billsaw

    19/07/2010

    j'ai beaucoup adoré ce début
    c'est tres emotionel
    j'etais emu

  • Reves-Lugubres

    18/07/2010

    Sa me touche que ma fiction "Loup" vous a inspiré.. =)
    Dejà le début et j'adore !
    C'est vraiment mignon !
    Le loup, c'est Tom ou pas ?

  • Elfy

    16/07/2010

    J'aime l'idée bien que j'aurais preféré que Bill soit quelqu'un de pauvre ou errant et pas un petit riche pour que le coup du lechage de mamelle passe mieux .. (parce que là c'est un peu beurk .. =S )

    Bisous

  • lapucedebill

    15/07/2010

    un loup qui ne dit rien c est exeptionnel en tout cas j aime bien

  • nirvana-angelTH83

    15/07/2010

    Là franchement je ne sais pas trop quoi dire
    c'est beau et intrigant et en même temps bizarre
    j'ai du mal à me faire une idée
    alors j'attends la suite avec impatience =)
    kissoux Envy
    scratounette

  • What--Gw3ndI--Gw3nd

    15/07/2010

    pas mal pas mal jais bien amer
    nais jesper une chose que cest pas Tom --* lool ^^

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